Le sapin qui pleurait
Un conte sur : respecter la nature · 5 minutes
Toc, toc, toc ! Qui frappe à la porte du conte ? C'est Pépin le lutin, le bonnet sur le nez et les chaussettes dépareillées !
Grand-Père allait beaucoup mieux. Alors ce jour-là, Pépin sortit jouer avec ses amis à un nouveau jeu : les chevaliers de la forêt.
Mirabelle avait une épée en brindille. Bouchon avait un bouclier en écorce. Pip faisait le dragon, en volant au-dessus de leurs têtes et en criant « Grrr ! », ce qui n'était pas très effrayant pour un bouvreuil.
Pépin, lui, n'avait pas d'épée. Et il en voulait une. Une grande. Tout de suite.
Il aperçut un jeune sapin, à peine plus grand que lui, avec une belle branche bien droite.
« Parfait ! »
Il attrapa la branche, et tira. Elle résista. Il tira plus fort. Crac ! La branche se cassa d'un coup, et Pépin tomba en arrière, son épée toute neuve dans les mains.
« En garde, dragon ! »
Mais Bouchon ne jouait plus. Il regardait le jeune sapin, l'air triste.
« Pépin… regarde. Il pleure. »
Pépin regarda. À l'endroit où la branche s'était cassée, de grosses gouttes coulaient lentement le long du tronc. Des gouttes dorées et collantes. On aurait vraiment dit des larmes.
Pépin lâcha son épée.
« Je… je ne savais pas que ça lui faisait mal. »
Pour une fois, Bouchon fit exactement ce qu'il fallait : il s'excusa auprès du sapin. Et cette fois, ce n'était pas drôle du tout. C'était juste gentil.
Pépin ramassa la branche cassée et courut jusqu'à la Maison-Souche, suivi de toute la bande.
« Grand-Père ! J'ai fait pleurer un sapin ! »
Grand-Père Gédéon enfila son manteau, encore un peu enrhumé. Il les suivit jusqu'au jeune sapin et l'examina avec attention.
« Ce n'est pas vraiment des larmes, mon petit bourgeon. C'est de la résine. C'est comme ça qu'un arbre soigne ses blessures. Mais tu as raison : il est vivant, et il a eu mal. »
Il fouilla dans sa barbe et en sortit un ruban rouge, un peu de mousse bien verte, et une toute petite étiquette.
« On va lui faire un pansement. »
Pépin posa doucement la mousse sur la blessure. Mirabelle passa le ruban tout autour du tronc, et Bouchon fit le nœud, parce qu'il faisait les plus beaux nœuds. Sur l'étiquette, Pépin écrivit, avec beaucoup de fautes : « Pardon, petit sapin. Guéris vite. »
« Tu sais, dit Grand-Père, les arbres nous donnent beaucoup. Leurs branches abritent les nids. Leurs aiguilles nous protègent du vent. Mirabelle cache ses noisettes dans leurs creux. Et un jour, peut-être, ce petit sapin deviendra aussi grand que le Grand Sapin Bleu. »
Pépin regarda le jeune sapin avec son pansement rouge. Il le trouva très courageux.
« Alors, pour nos épées, on prendra seulement les branches tombées par terre, décida-t-il. Celles que les arbres nous donnent. »
Tout le monde trouva que c'était une très bonne règle. Ils cherchèrent des branches tombées, et il y en avait plein. Pépin trouva même une épée encore plus belle que la première. Un peu tordue, mais très belle.
En rentrant, Pip vint se poser sur l'épaule de Pépin.
« Tout à l'heure, en faisant le dragon, j'ai volé très haut. Et j'ai vu quelque chose briller, tout en haut du Vieux Chêne. Plein de petites choses brillantes. »
Pépin s'arrêta net. Le Vieux Chêne. Le nid de Chipie.
Demain, décida-t-il, il irait voir.
Ce soir-là, dans la boîte, un éclat s'alluma, d'une jolie couleur verte, comme une jeune aiguille de sapin. Et quand une goutte de neige fondue tomba du toit de la Maison-Souche dans le seau sous la gouttière, elle fit tout naturellement : pling.
Et toi, qu'est-ce que tu fais pour prendre soin de la nature ?
Pling ! fit le grelot. Un éclat de plus pour l'étoile ! Et maintenant, au lit les petits lutins… mais pas avec les chaussures !
Encore un peu de patience…
Ce conte s'ouvrira le 15 décembre. Pépin est encore en train de le préparer !
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