Grand-Père enrhumé
Un conte sur : prendre soin des aînés · 5 minutes
Toc, toc, toc ! Qui frappe à la porte du conte ? C'est Pépin le lutin, le bonnet sur le nez et les chaussettes dépareillées !
Ce matin-là, un bruit terrible réveilla toute la Maison-Souche.
« AAAA… AAAA… TCHOUM ! »
C'était Grand-Père Gédéon. Il éternua si fort que de sa barbe s'envolèrent une cuillère, une pomme de pin, deux boutons, une chaussette et un petit pot de miel, qui atterrit pile dans la théière.
Pépin accourut. Grand-Père était au lit, le nez tout rouge, les yeux tout mouillés, la voix toute enrouée.
« Ce n'est rien, mon petit bourgeon, juste un petit rhume de vieux lutin. AAA… TCHOUM ! »
Une bobine de fil traversa la chambre.
Pépin regarda son grand-père. D'habitude, c'était toujours Grand-Père qui s'occupait de lui. Qui lui faisait son chocolat chaud. Qui le consolait quand il cassait quelque chose. Qui sortait de sa barbe exactement ce dont il avait besoin.
Aujourd'hui, c'était à son tour.
« Ne bouge pas, Grand-Père. Je suis ton infirmier. »
Il mit un torchon autour de sa tête, en guise de bonnet d'infirmier. Il était très sérieux. Un peu trop sérieux, peut-être.
D'abord, il prépara une tisane. Mais il confondit le sucre et le sel.
Grand-Père en but une gorgée, fit une grimace, et dit très poliment :
« Hum… Elle a un goût… de mer. »
Ensuite, Pépin remplit une bouillotte d'eau chaude. Mais il oublia de bien fermer le bouchon. Glouglouglou. Le lit de Grand-Père devint une petite piscine.
« Oh non ! »
Il changea les draps, en tirant si fort qu'il fit tomber Grand-Père par terre. Doucement, heureusement, sur le tapis.
Pépin avait envie de pleurer. Il voulait tellement bien faire, et tout ratait.
Mais Grand-Père, assis sur le tapis, avec sa barbe toute mouillée et son nez tout rouge… se mit à rire. D'abord tout doucement. Puis très fort. Il riait tellement qu'il en oublia d'éternuer.
« Tu sais, mon petit bourgeon, il n'y a pas meilleur médicament que ça. »
Pépin réinstalla Grand-Père dans son lit tout sec, avec trois couvertures. Puis, il eut une meilleure idée que la tisane.
Il courut chercher ses amis.
Mirabelle arriva avec une poignée de noisettes grillées. Elle dit qu'il y en avait vingt. Il y en avait six. Bouchon apporta son écharpe la plus douce, et la noua autour du cou de Grand-Père. Pip se posa sur la tête du lit et chanta tout bas, pour ne pas lui donner mal à la tête.
Et Pépin prit le vieux livre d'histoires, celui que Grand-Père lui lisait chaque soir. Il le lut à son tour. Il le tenait à l'envers, mais il connaissait l'histoire par cœur, alors ça ne changeait rien.
Grand-Père s'endormit avant la fin, un grand sourire au milieu de la barbe.
Pépin remonta les couvertures, tout doucement. Puis il resta assis à côté de lui, très longtemps, à écouter son souffle.
Le soir, Grand-Père se réveilla. Son nez était moins rouge. Sa voix moins enrouée.
« Tu as été le meilleur infirmier de toute la forêt, dit-il.
— Le plus maladroit, plutôt.
— Le plus gentil, ce qui est bien plus important. »
Dans la boîte, un éclat s'alluma, d'une lumière très douce, comme celle d'une veilleuse.
Grand-Père était encore trop fatigué pour faire tinter sa cuillère. Alors c'est Pépin qui la prit, et qui fit pling contre la tasse, tout doucement, pour ne pas le déranger.
Et toi, comment prends-tu soin de tes grands-parents, ou des personnes plus âgées que tu aimes ?
Pling ! fit le grelot. Un éclat de plus pour l'étoile ! Et maintenant, au lit les petits lutins… mais pas avec les chaussures !
Encore un peu de patience…
Ce conte s'ouvrira le 14 décembre. Pépin est encore en train de le préparer !
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