La promesse du ruisseau
Un conte sur : tenir sa promesse · 5 minutes
Toc, toc, toc ! Qui frappe à la porte du conte ? C'est Pépin le lutin, le bonnet sur le nez et les chaussettes dépareillées !
La veille au soir, Bouchon était venu frapper à la porte de la Maison-Souche.
« Pépin, demain, je voudrais construire une cabane en branches, pour l'hiver. Mais toutes seules, mes pattes sont trop petites. Tu veux bien m'aider ?
— Promis, avait dit Pépin. Demain après-midi, je suis là. »
Et Bouchon était reparti tout content, en s'excusant auprès du paillasson.
Le lendemain, Pépin se mit en route après le déjeuner. Mais en passant près du Ruisseau-Qui-Gèle-Pas-Toujours, il entendit des cris de joie.
« Youhouuu ! »
Le ruisseau avait gelé ! Pas un peu. Complètement. Il était devenu un long ruban de glace bleue et brillante, qui serpentait entre les sapins. La plus belle piste de glissade de tout l'hiver.
Mirabelle glissait sur le ventre. Les lapins glissaient en file indienne. Même Pip glissait, sur une feuille, en chantant.
« Pépin ! Viens glisser avec nous ! cria Mirabelle. Vite, avant que ça dégèle ! »
Pépin regarda la glace. Elle brillait. Elle l'appelait. Ses pieds avaient déjà envie de partir tout seuls.
« Juste une glissade, se dit-il. Une seule. Bouchon ne s'en apercevra même pas. »
Zzziiiiouuu ! C'était génial.
« Bon. Une deuxième. »
Zzziiiiouuu ! C'était encore plus génial.
La troisième, la quatrième, la cinquième… Pépin ne comptait plus. Il riait, il tournait, il glissait sur les fesses, sur le dos, sur le bonnet.
Et puis, au milieu d'une glissade, il pensa à Bouchon. Bouchon tout seul, avec ses petites pattes, devant son tas de branches. Bouchon qui regardait le chemin en se demandant si Pépin allait venir.
Pépin s'arrêta net. Schhhh.
« J'ai promis », murmura-t-il.
Mirabelle l'appela encore :
« Pépin ! Le ruisseau ne gèle pas toujours, tu sais ! Demain, il n'y aura peut-être plus de glace ! »
C'était vrai. Et c'était terriblement difficile. Pépin regarda la glace une dernière fois. Puis il tourna le dos au ruisseau et courut vers chez Bouchon.
Quand il arriva, Bouchon était assis au milieu d'un tas de branches écroulé. Il avait essayé tout seul, et tout lui était tombé dessus. Il avait même une brindille plantée dans ses piquants.
« Pépin ! Tu es venu ! Je pensais que tu avais oublié…
— J'avais promis, dit Pépin. Pardon d'être en retard. »
Alors ils construisirent la cabane. Pépin, qui était maladroit, fit tomber le toit une fois. Puis deux fois. À la troisième, Bouchon lui tint l'échelle, et le toit tint enfin. Ils bouclèrent les trous avec de la mousse, et accrochèrent une pomme de pin au-dessus de la porte pour faire joli.
C'était la plus belle cabane de la forêt. Un peu penchée, mais très belle.
Bouchon invita Pépin à boire un chocolat chaud dedans. Ils étaient serrés, et Pépin se piqua deux fois, mais c'était très confortable quand même.
Quand Pépin ressortit, le soleil se couchait. Il passa devant le ruisseau. Il avait dégelé. L'eau coulait en chantonnant, comme si de rien n'était.
Pépin soupira un peu. Il avait raté les glissades.
Mais le lendemain matin, quand il se réveilla et regarda par la fenêtre… le ruisseau avait de nouveau gelé. Tout bleu, tout brillant. Comme s'il l'avait attendu.
Ce matin-là, Pépin et Bouchon furent les premiers sur la glace.
Et la veille au soir, dans la boîte, un éclat s'était allumé pendant que Bouchon et Pépin buvaient leur chocolat. Bouchon avait fait tinter un glaçon contre sa tasse pour remplacer le grelot.
Et toi, est-ce que c'est facile de tenir une promesse quand on a envie de faire autre chose ?
Pling ! fit le grelot. Un éclat de plus pour l'étoile ! Et maintenant, au lit les petits lutins… mais pas avec les chaussures !
Encore un peu de patience…
Ce conte s'ouvrira le 13 décembre. Pépin est encore en train de le préparer !
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