Le petit faon perdu
Un conte sur : aider un inconnu · 5 minutes
Toc, toc, toc ! Qui frappe à la porte du conte ? C'est Pépin le lutin, le bonnet sur le nez et les chaussettes dépareillées !
Ce jour-là, il neigeait à gros flocons. Des flocons si gros qu'on aurait dit des moutons qui tombaient du ciel.
Pépin, Mirabelle et Bouchon jouaient à attraper les flocons avec la langue, au bord de la Clairière des Glissades. Pépin en avait déjà attrapé quarante-deux. Mirabelle disait qu'elle en avait attrapé mille, mais elle avait compté à sa façon.
Soudain, Bouchon s'arrêta.
« Vous entendez ? »
Ils tendirent l'oreille. Sous un sapin, quelque chose pleurait tout doucement.
Ils s'approchèrent sur la pointe des pieds. Et là, recroquevillé dans la neige, il y avait un faon. Un bébé cerf, avec des taches blanches sur le dos et de longues pattes toutes tremblantes.
« Bonjour, dit Pépin. Qui es-tu ?
— Je m'appelle Brindille, renifla le faon. J'ai perdu ma maman. Je courais derrière un flocon, et quand je me suis retourné, elle n'était plus là. »
Bouchon recula d'un pas et chuchota :
« On ne le connaît pas, Pépin. Il est grand. Et il vient d'ailleurs. Peut-être qu'on devrait le laisser… »
Pépin regarda Brindille. Ses grands yeux mouillés. Ses pattes qui tremblaient de froid et de peur. Il se souvint de la nuit la plus noire, quand il avait eu si peur, lui aussi.
« On ne le connaît pas, dit-il. Mais il a besoin d'aide. Et nous, on est là. »
Bouchon réfléchit, remonta ses lunettes, et hocha la tête.
« Tu as raison. Pardon, Brindille. »
Puis il s'excusa aussi auprès du sapin, au cas où.
Il fallait un plan. Pépin, qui était très impatient, voulait courir dans toutes les directions à la fois. Il fit trois pas, trébucha sur une racine, et finit la tête dans la neige. Encore.
« On devrait peut-être réfléchir avant de courir, proposa Mirabelle. »
Alors chacun fit ce qu'il savait faire de mieux.
Mirabelle grimpa tout en haut d'un sapin pour regarder au loin. Mais il neigeait trop, elle ne voyait rien.
Pépin siffla, et Pip arriva à tire-d'aile.
« Pip, tu peux voler au-dessus de la forêt et chercher une maman biche, s'il te plaît ? »
Pip partit aussitôt. Pendant ce temps, Bouchon, qui avait toujours une petite couverture dans son sac, la posa sur le dos de Brindille pour le réchauffer.
En passant devant le terrier de Tartine, ils entendirent ronfler.
« Rrrron… les mamans biches… pfiou… elles boivent au Ruisseau-Qui-Gèle-Pas-Toujours… rrrron… »
Au même moment, Pip revint en piaillant :
« Je l'ai vue ! Elle est près du ruisseau ! Elle appelle partout ! »
Tout le monde partit vers le ruisseau, Brindille au milieu, la couverture sur le dos. Pépin marchait devant, en faisant très attention aux racines, pour une fois.
Et là-bas, au bord de l'eau, une grande biche tournait la tête de tous les côtés, l'air très inquiète.
« MAMAN ! » cria Brindille.
Il courut vers elle sur ses longues pattes, en trébuchant presque autant que Pépin. La biche le lécha partout, sur le museau, sur les oreilles, sur les taches blanches.
Puis elle s'approcha de la petite bande, et inclina doucement la tête.
« Merci. Vous ne le connaissiez pas, et pourtant vous l'avez aidé. »
Avant de partir, Brindille fit un gros bisou mouillé sur le nez de Pépin. Sloutch.
Pépin rentra à la Maison-Souche le nez tout froid, mais le cœur tout chaud.
Dans la boîte, un éclat brillait déjà. Et comme il n'y avait toujours pas de grelot, c'est Pip qui, perché sur le rebord de la fenêtre, chanta de sa plus jolie voix : « Pling ! »
Et toi, est-ce que tu as déjà aidé quelqu'un que tu ne connaissais pas ? Ou quelqu'un t'a-t-il aidé, toi ?
Pling ! fit le grelot. Un éclat de plus pour l'étoile ! Et maintenant, au lit les petits lutins… mais pas avec les chaussures !
Encore un peu de patience…
Ce conte s'ouvrira le 12 décembre. Pépin est encore en train de le préparer !
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