Le gâteau trop lent
Un conte sur : la patience · 5 minutes
Toc, toc, toc ! Qui frappe à la porte du conte ? C'est Pépin le lutin, le bonnet sur le nez et les chaussettes dépareillées !
Ce matin-là, Pépin avait une idée. Une idée géniale, comme toujours.
« Je vais faire un gâteau pour Bouchon. Comme ça, il saura que je suis vraiment désolé pour hier. »
Grand-Père Gédéon fouilla dans sa barbe. Il en sortit un tire-bouchon, une moufle orpheline, et enfin un vieux livre de recettes.
« Gâteau aux noisettes, lut-il. On mélange, on verse, et trente minutes au four.
— Trente minutes ? s'écria Pépin. Mais c'est au moins mille ans ! »
Ils mélangèrent la farine, les œufs, le miel et les noisettes. Pépin mit de la pâte partout, surtout dans son bonnet. Puis Grand-Père enfourna le moule.
Une minute passa.
Pépin ouvrit le four. Criiic.
« Il n'a pas cuit ! »
Il referma. Une autre minute passa. Criiic.
« Toujours pas ! »
Il alla demander l'heure aux horloges. La première disait huit heures. La deuxième disait midi. La troisième, qui était très vieille, disait seulement : « Pas encore. »
Criiic, fit encore le four. Et encore. Et encore.
À la dixième fois, le gâteau poussa un tout petit soupir. Pfffft. Et il s'aplatit au fond du moule. Il ressemblait à une crêpe triste.
Pépin tapa du pied.
« C'est un gâteau pourri ! Il ne veut pas cuire ! »
Grand-Père s'assit à côté de lui, tranquillement.
« Tout doux, mon petit bourgeon. Chaque fois que tu ouvres la porte, le froid entre et le gâteau se recroqueville. Un gâteau, c'est comme un bourgeon : si on tire dessus, il ne pousse pas plus vite.
— Mais attendre, c'est trop long ! Et c'est ennuyeux !
— Alors il faut apprendre à bien attendre. »
Ils refirent un gâteau. Puis Grand-Père fouilla dans sa barbe et en sortit un sablier.
« Quand tout le sable sera en bas, le gâteau sera prêt. Pas avant. »
Pépin regarda le sable couler. Grain par grain. C'était affreusement lent.
Sa main s'approcha de la porte du four…
« Et si tu dessinais quelque chose pour Bouchon ? » proposa Grand-Père.
Alors Pépin dessina Bouchon avec un chapeau. Puis Bouchon sur une luge. Puis Bouchon déguisé en sapin de Noël. Il chanta la chanson des noisettes, celle qui n'a qu'un seul couplet qu'on répète quarante fois. Il compta les flocons par la fenêtre et s'arrêta à douze, parce qu'ils bougeaient trop.
Et pendant ce temps, une odeur montait. Une odeur de miel chaud et de noisettes grillées, qui chatouillait le nez et faisait chanter le ventre.
Le dernier grain de sable tomba.
Grand-Père ouvrit le four. Le gâteau était doré, gonflé comme un édredon, et tout fier de lui.
« Ouaaah… » souffla Pépin.
Dans la boîte, un éclat s'alluma. Tout doucement, sans se presser. Comme pour montrer l'exemple.
Un peu plus tard, Pépin apporta le gâteau à Bouchon, encore tiède. Bouchon ouvrit de grands yeux derrière ses lunettes.
« C'est pour moi ? Oh, merci ! »
Et avant de croquer dedans, il s'excusa poliment auprès du gâteau.
Et toi, qu'est-ce qui est le plus difficile à attendre ? Comment fais-tu pour que le temps passe plus vite ?
Pling ! fit le grelot. Un éclat de plus pour l'étoile ! Et maintenant, au lit les petits lutins… mais pas avec les chaussures !
Encore un peu de patience…
Ce conte s'ouvrira le 4 décembre. Pépin est encore en train de le préparer !
Voir le calendrier