★ Pépin
Jour 3 · Calendrier de l'Avent

Qui a chipé l'éclat ?

Un conte sur : ne pas accuser trop vite · 5 minutes

Toc, toc, toc ! Qui frappe à la porte du conte ? C'est Pépin le lutin, le bonnet sur le nez et les chaussettes dépareillées !

Ce matin-là, Pépin ouvrit la boîte des éclats pour dire bonjour à ses deux éclats brillants.

Il compta. Il recompta. Il compta même avec ses doigts de pied.

Un seul brillait encore. L'autre avait disparu !

« Au voleur ! » cria Pépin, si fort que trois horloges de Grand-Père sonnèrent midi. Il était huit heures.

Il chercha partout : sous le tapis, dans la théière, dans ses chaussettes dépareillées. Et soudain, à côté de la boîte, il trouva… un piquant. Un long piquant pointu.

Pépin plissa les yeux. Il ne connaissait qu'un seul ami avec des piquants.

« Bouchon ! Hier, il est venu goûter. C'est lui ! »

Il courut jusqu'à la Clairière des Glissades. Bouchon y construisait un bonhomme de neige, tout appliqué.

« Voleur ! Rends-moi mon éclat ! »

Bouchon sursauta si fort que ses lunettes rondes tombèrent dans la neige.

« Mais… mais je n'ai rien pris… »

Il recula, trébucha sur un caillou et lui dit, par habitude : « Oh, pardon, monsieur le caillou. »

Ses yeux se remplirent de larmes. Mirabelle arriva en courant. Un lapin, deux mulots et un corbeau s'arrêtèrent pour regarder.

« Voilà la preuve ! » dit Pépin en brandissant le piquant.

Bouchon remit ses lunettes et renifla.

« Ce n'est pas un piquant de hérisson. C'est une aiguille de sapin. »

Pépin regarda mieux. C'était… une aiguille de sapin. Toute bête. Dans une forêt qui en comptait des milliards.

Juste à côté, à l'entrée de son terrier, quelque chose ronflait. C'était Tartine, qui faisait sa sieste du matin, avant celle de midi et celle de l'après-midi.

« Rrrron… les aiguilles, ça tombe des sapins… pfiou… et les plumes, ça tombe des oiseaux… rrrron… »

Pépin fronça les sourcils. Des plumes ?

Il rentra en courant, Mirabelle et Bouchon sur ses talons. Coincée dans le couvercle de la boîte, il y avait une plume. Une plume argentée, brillante comme un rayon de lune.

Au même moment, très haut dans le ciel, un oiseau noir et blanc passa. Dans son bec, quelque chose scintillait.

Grand-Père Gédéon sortit de sa barbe une longue-vue, l'ajusta, et hocha la tête.

« C'est une pie. Elle habite au Vieux Chêne. On l'appelle Chipie. »

Pépin sentit ses joues devenir toutes chaudes. Il avait crié « voleur » devant tout le monde. Et Bouchon n'avait rien fait du tout.

Il aurait pu faire comme si de rien n'était. Mais Bouchon reniflait encore, avec ses lunettes tout embuées.

Pépin s'approcha.

« Bouchon… Je t'ai accusé sans savoir. Devant tout le monde. C'était injuste. Je te demande pardon. »

Bouchon réfléchit très sérieusement, en remontant ses lunettes sur son nez.

« D'accord. Mais la prochaine fois, tu me demandes avant de crier.

— Promis. »

Et Bouchon, qui était très poli, ajouta : « Merci d'être venu. » Puis il s'excusa auprès du tapis, sur lequel il venait de marcher.

Dans la boîte, un éclat tout neuf s'alluma.

« Un de perdu, un de retrouvé, sourit Grand-Père. Mais ce que Chipie veut faire d'un éclat d'étoile… ça, c'est une autre histoire. »

Et toi, est-ce qu'on t'a déjà accusé de quelque chose que tu n'avais pas fait ? Qu'est-ce que tu as ressenti ?

Pling ! fit le grelot. Un éclat de plus pour l'étoile ! Et maintenant, au lit les petits lutins… mais pas avec les chaussures !