Le bonnet collé
Un conte sur : demander de l'aide · 5 minutes
Toc, toc, toc ! Qui frappe à la porte du conte ? C'est Pépin le lutin, le bonnet sur le nez et les chaussettes dépareillées !
Ce matin-là, Pépin regardait la boîte des éclats. Vingt-trois éclats gris. Un seul qui brillait.
« Des gestes du cœur, c'est bien joli, dit-il. Mais ça va prendre vingt-trois jours ! Moi, j'ai une bien meilleure idée. »
Dans l'atelier de Grand-Père, il y avait un pot de colle de sapin. La plus collante de toute la forêt. Celle qui recollait les horloges, les chaises bancales et même, une fois, la moustache d'un blaireau.
« Je vais tout recoller. Tout seul. En deux minutes. »
Il prit le pot, la boîte, et courut jusqu'au Grand Sapin Bleu.
Sprotch, fit la colle sur le premier éclat.
Sprotch, sur ses doigts.
Sprotch, sprotch, sur ses genoux, sur son nez et sur ses chaussettes dépareillées.
L'éclat, lui, ne tenait pas du tout. Il glissait, il retombait, il faisait des pirouettes.
« Reste là ! » gronda Pépin en se penchant tout près du tronc.
Son bonnet trop long se posa sur l'écorce. Pile dans la flaque de colle.
Pépin voulut se relever. Le bonnet, lui, ne voulut pas.
Il tira. Il tortilla. Il fit des bonds de grenouille. Rien à faire : Pépin était collé au Grand Sapin Bleu, comme une décoration de Noël un peu trop grosse.
Pling, fit le grelot, l'air de se moquer.
C'est alors que Mirabelle passa, une pomme de pin sous chaque bras.
« Cinq, six, sept, neuf, douze, quarante… Oh ! Bonjour Pépin ! Qu'est-ce que tu fais ?
— Rien, répondit Pépin très vite. Je… je me repose. Contre l'arbre. Exprès. »
Mirabelle pencha la tête. Pépin avait de la colle jusqu'aux oreilles.
« Tu es sûr ? Tu n'as pas besoin d'aide ?
— Non, non ! Je me débrouille très bien tout seul ! »
Mirabelle haussa les épaules et repartit en comptant : « Huit, quatre, cent… »
Pépin la regarda s'éloigner. Le vent se leva. Il faisait froid. Son ventre gargouilla. Et la colle, en séchant, commençait à le gratter derrière l'oreille.
Demander de l'aide, c'était comme avaler une arête : ça restait coincé dans la gorge.
Il prit une grande inspiration.
« MIRABELLE ! »
Elle revint en trois bonds.
« Je… je suis collé. Pour de vrai. Tu… tu veux bien m'aider, s'il te plaît ? »
Voilà. Les mots étaient sortis. Et c'était beaucoup moins terrible que prévu.
« Bien sûr ! » dit Mirabelle, ravie.
Elle fila chez elle et revint avec un pot de beurre de noisette.
« Ma grand-mère disait toujours : rien ne résiste au beurre de noisette. »
Elle frotta, frotta, frotta. Et doucement, le bonnet se décolla de l'arbre. Pépin tomba assis dans la neige, tout luisant, sentant la noisette grillée de la tête aux pieds.
Ils éclatèrent de rire.
De retour à la Maison-Souche, Grand-Père Gédéon les regarda par-dessus ses lunettes. Il fouilla dans sa barbe, en sortit un peigne, une carotte, et enfin une serviette.
« Je vois qu'on a essayé de recoller l'étoile.
— Ça ne marche pas avec la colle, soupira Pépin.
— Non. Mais regarde. »
Dans la boîte, un deuxième éclat brillait.
« Mirabelle t'a aidé de bon cœur, mon petit bourgeon. Et toi, tu as osé le demander. Pour ce genre de lumière, il faut être deux. »
Mirabelle compta les éclats brillants : « Un, deux… sept ! »
Personne ne la corrigea.
Et toi, quand tu as besoin d'aide, à qui oses-tu le demander ?
Pling ! fit le grelot. Un éclat de plus pour l'étoile ! Et maintenant, au lit les petits lutins… mais pas avec les chaussures !
Encore un peu de patience…
Ce conte s'ouvrira le 2 décembre. Pépin est encore en train de le préparer !
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