★ Pépin
Jour 10 · Calendrier de l'Avent

Le mot magique perdu

Un conte sur : la politesse · 5 minutes

Toc, toc, toc ! Qui frappe à la porte du conte ? C'est Pépin le lutin, le bonnet sur le nez et les chaussettes dépareillées !

Ce matin-là, Pépin se réveilla de très mauvaise humeur. À cause de Chipie et de ses éclats volés, il avait mal dormi. Et quand Pépin dormait mal, il se levait du pied gauche. Et parfois même des deux pieds gauches.

Il entra dans la cuisine en traînant ses chaussettes.

« Du chocolat chaud ! » ordonna-t-il.

Grand-Père Gédéon lisait son journal. Il ne bougea pas.

« Mon bonnet ! »

Grand-Père tourna une page.

« Une tartine ! Tout de suite ! »

Grand-Père baissa son journal et regarda Pépin par-dessus ses lunettes.

« Oh là là, mon petit bourgeon. Je crois que tu as perdu ton mot magique.

— Mon quoi ?

— Ton mot magique. Il a dû tomber quelque part cette nuit. Sans lui, c'est bien plus difficile d'obtenir ce qu'on veut. »

Et il replongea dans son journal.

Pépin était très intrigué. Un mot magique ? Perdu ? Il chercha sous son lit. Il y trouva une chaussette (dépareillée), un trognon de pomme et trois moutons de poussière. Mais pas de mot magique.

Il chercha dans la neige devant la porte. Rien.

Alors il courut chez Mirabelle.

« Mirabelle ! Tu n'aurais pas vu mon mot magique ?

— Un mot magique ? Mirabelle compta sur ses doigts. Abracadabra ? Un, deux, sept… Non, c'est trop long. »

Il courut chez Bouchon, qui balayait la neige devant chez lui.

« Bouchon ! Tu connais le mot magique ?

— Bien sûr, dit Bouchon. Je l'utilise tout le temps. Même avec les cailloux. Mais je ne peux pas te le donner. Il faut que tu le retrouves tout seul. »

C'était de plus en plus mystérieux.

En passant devant le terrier de Tartine, Pépin entendit ronfler.

« Rrrron… le mot magique… pfiou… il n'est pas perdu… il est dans ta bouche… il attend qu'on lui ouvre la porte… rrrron… »

Pépin s'arrêta net. Dans sa bouche ?

Il réfléchit très fort. Qu'est-ce que Bouchon disait tout le temps, même aux cailloux ? Qu'est-ce que Mirabelle avait dit le jour où elle l'avait décollé du sapin ? Non, c'était lui qui l'avait dit, ce jour-là…

Pépin ouvrit de grands yeux.

« S'il te plaît ! C'est « s'il te plaît », le mot magique ! »

Pour vérifier, il fit un essai. Il alla voir Pip, perché sur une branche.

« Pip, est-ce que tu veux bien me chanter une chanson, s'il te plaît ? »

Et Pip chanta aussitôt, la plus jolie chanson du matin.

Il essaya avec Mirabelle : « Tu veux bien me prêter ton écharpe, s'il te plaît ? J'ai froid au cou. » Et Mirabelle lui prêta son écharpe jaune, avec un grand sourire.

Ça marchait ! Ça marchait vraiment !

Pépin rentra à la Maison-Souche en courant. Il s'assit sagement en face de Grand-Père, prit une grande inspiration, et dit de sa voix la plus douce :

« Grand-Père, est-ce que je pourrais avoir un chocolat chaud, s'il te plaît ? »

Grand-Père posa son journal, sourit, et fouilla dans sa barbe. Il en sortit une tasse de chocolat chaud. Fumante. Avec de la crème dessus.

Pépin ne demanda jamais comment c'était possible. C'était sans doute ça, la vraie magie.

« Merci, Grand-Père. »

« Ah, fit Grand-Père. Je vois que tu as aussi retrouvé le deuxième mot magique. »

Dans la boîte, un éclat s'alluma. Il brillait d'une jolie lumière polie.

Et toi, quels mots magiques connais-tu ? À qui les as-tu dits aujourd'hui ?

Pling ! fit le grelot. Un éclat de plus pour l'étoile ! Et maintenant, au lit les petits lutins… mais pas avec les chaussures !