Chut, Tartine dort !
Un conte sur : respecter le repos des autres · 5 minutes
Toc, toc, toc ! Qui frappe à la porte du conte ? C'est Pépin le lutin, le bonnet sur le nez et les chaussettes dépareillées !
Ce matin-là, Pépin bondit hors de son lit.
« Sept éclats ! Il y a déjà sept éclats qui brillent ! Il faut fêter ça ! »
En réalité, Chipie en avait chipé un. Mais Pépin avait décidé de compter celui-là aussi, parce qu'il avait brillé quand même.
Il réunit toute la bande dans la Clairière des Glissades. Mirabelle apporta deux casseroles pour faire le tambour. Bouchon apporta une pomme de pin creuse pour faire la trompette. Pip, lui, apporta sa voix, qui était déjà très forte.
« On va faire la plus grande fête de toute la forêt ! » annonça Pépin.
BOUM BOUM BOUM, firent les casseroles.
POUET POUET, fit la pomme de pin.
TOUIIIT ! chanta Pip.
Et Pépin dansait en tapant des pieds, en sautant, en criant « Youpiii ! » à chaque saut.
C'était magnifique. C'était énorme. C'était… juste devant le terrier de Tartine.
Tout à coup, un bonnet de nuit à pompon sortit du terrier. Puis deux yeux tout rouges. Puis Tartine tout entière, les poils en bataille et l'air très, très fatigué.
« Qu'est-ce que c'est que ce vacarme ? bâilla-t-elle. »
Tout le monde s'arrêta net. Pouet, fit encore la pomme de pin, toute seule.
« C'est une fête ! expliqua Pépin. Pour l'étoile ! Tu viens ?
— Une fête… soupira Tartine. Tu sais, Pépin, moi je suis une marmotte. L'hiver, je dois dormir. Beaucoup. Sinon je deviens toute grise, toute ronchon, et j'ai mal partout. »
Elle avait les yeux qui se fermaient tout seuls. Elle ressemblait à un coussin triste.
Pépin regarda ses casseroles. Puis Tartine. Puis ses casseroles. Il n'avait pas du tout pensé à elle.
« Oh… Pardon, Tartine. On va aller faire la fête plus loin.
— Mais moi aussi, j'aime les fêtes, murmura Tartine. Je ne veux pas être toute seule. »
Pépin réfléchit. Fort. Si fort qu'il loucha un peu.
Puis il leva un doigt.
« J'ai une idée. Une fête silencieuse ! »
Alors ils firent la fête la plus bizarre de toute l'histoire de la forêt.
Mirabelle jouait du tambour en mettant des moufles, et ça faisait pouf pouf. Bouchon jouait de la trompette en soufflant tout doucement, et ça faisait fiiii. Pip chantait en chuchotant, ce qui est très difficile pour un oiseau. Et Pépin dansait sur la pointe des pieds, en criant « youpi » sans aucun son, juste avec la bouche grande ouverte.
Tartine riait, roulée en boule dans sa couverture, devant l'entrée de son terrier. Puis elle se mit à bâiller. Puis à cligner des yeux. Puis…
« Rrrron… la plus belle fête… c'est celle qu'on n'entend pas… rrrron… »
Elle dormait, un grand sourire sous le nez.
Tout le monde continua de danser en silence, pour ne pas la réveiller. Et c'est à ce moment-là que Pépin aperçut quelque chose, tout en haut d'un sapin.
Une plume argentée. Chipie était là, perchée toute seule, et elle regardait la fête. Quand elle vit que Pépin l'avait repérée, elle s'envola d'un coup.
Pépin resta un moment le nez en l'air. Elle avait l'air… un peu triste, peut-être ?
Ce soir-là, un nouvel éclat s'alluma dans la boîte. Grand-Père Gédéon, qui avait tout entendu de la fête silencieuse (c'est-à-dire rien du tout), sortit de sa barbe une paire de moufles et les tendit à Pépin.
« Pour applaudir sans bruit, la prochaine fois. »
Et toi, comment fais-tu pour ne pas réveiller quelqu'un qui dort ?
Pling ! fit le grelot. Un éclat de plus pour l'étoile ! Et maintenant, au lit les petits lutins… mais pas avec les chaussures !
Encore un peu de patience…
Ce conte s'ouvrira le 8 décembre. Pépin est encore en train de le préparer !
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